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Photo : C.Alary

Klezmer Nova a été créé le 25 juin 1995 sous le nom "Orient Express Moving Shnorers" à l’occasion d'une fête du Yiddish organisée à la Cartoucherie de Vincennes (Paris).

Ce concert a surpris et provoqué un enthousiasme immédiat. Le groupe revisitait  le klezmer, une musique instrumentale jouée par les juifs d’Europe de l’Est au début du 20ème siècle.

Depuis sa création, Klezmer Nova, sous la direction musicale de Pierre Wekstein, a donné plus de 300 concerts en France et en Europe et enregistré 4 disques.

Klezmer Nova est composé de musiciens réputés venant du jazz, du classique, du rock, de la musique klezmer, des musiques improvisées. 
Leur façon personnelle de jouer, notamment au niveau du « groove » de la rythmique ainsi que le jeu des solistes ont séduit un large public. 

Quelques salles où Klezmer Nova s'est installé …..
Théâtre international de langue française (juillet et décembre 1996), Auditorium Saint Germain des Prés (décembre 1997), l’Européen (avril 1999), Festival d’Edinburgh (août 1999), la Maroquinerie (octobre 1999), l’Européen (janvier 2001), la Maroquinerie (juillet 2002), la Cigale (mai 2003), Munich (nov 2003), Budapest (mars 2004), Islande (mai 2004), Edinburgh Fringe Festival (août 2004), Maroc (tournée juin 2005). 

Parallèlement à ces séries de concert, le groupe a joué dans de nombreux festivals de jazz tels : Orléans, Amiens, Uzeste, Coutances, Rives de Gier, Radio France à Montpellier, La Défense Jazz Festival, Angers l’été, Violons croisés, etc….…

La musique klezmer s'est toujours nourrie des apports musicaux des régions  où vivaient les musiciens klezmer. Poursuivant cette tradition, Pierre Wekstein, après plusieurs années passées dans l'île de la Réunion, revient avec de nouvelles compositions pour Klezmer Nova.  L’album, « l’Entre-Deux » sort le 30 janvier 2012. Sans oublier les racines du Klezmer, ce répertoire s’appuie aussi sur des rythmiques inédites dans cette musique.

Les membres de Klezmer Nova : 

Claude BRISSET : basse
Philippe DALLAIS : batterie
Olivier HUTMAN : piano
Matthias MAHLER : trombone
Yann MARTIN : trompette
Michael NICK : violon
Thomas SAVY : clarinettes
Pierre WEKSTEIN : sax, direction musicale

Un Entretien avec Pierre Wekstein
Pierre Wekstein, quand s’est formé le groupe ?
 Les 24 et 25 juin 1995, a eu lieu une fête du Yiddish, organisée par l’AEDCY, à la Cartoucherie de Vincennes près de Paris. Lors de ces fêtes du Yiddish, il y a des rencontres, des débats sur le thème « Identité Juive  sans religion, Juifs sans langue juive, Identité juive sans juifs » etc…(rires).
Pour cette occasion, à la demande de Lise Amiel-Gutmann (journaliste et professeur de Yiddish),  j’ai réalisé des arrangements sur un répertoire de musique klezmer traditionnelle  pour 7 musiciens.

Le groupe s’appelait déjà Klezmer Nova ?
 Non, il s’appelait Orient Express Moving Shnorers, mais je ne suis pas à l’origine de ce nom….je te raconterai plus tard pourquoi nous avons changé.

Vous vous êtes donc réunis dans le but de faire un groupe Klezmer ?
 Pas du tout, dans nos métiers on est souvent amené à jouer dans des « gigs », des concerts ponctuels, suivant la disponibilité des musiciens. D’ailleurs je me souviens que pour ces deux concerts, nous avons eu deux trompettistes différents ! En fait j’avais fait des arrangements à partir d’enregistrements de Don Byron (clarinettiste de jazz américain) qui avait sorti 3 ans auparavant un album où il reprenait des arrangements de Mickey Katz. Mickey Katz était un clarinettiste américain qui dans les années 30-40- 50 a enregistré plusieurs disques où il détournait les classiques de la chanson yiddish. (Ce n’est pas un hasard s’il a intégré pour un moment l’orchestre de Spike Jones). J’avais aussi fait des relevés à partir des enregistrements des Klezmatics. Comme je n’étais pas sûr que nous ayons assez de répertoire, j’avais apporté une table sur la scène avec une nappe, des verres et on mangeait et buvait pendant le concert.
J’avais même fait des « prashinklekh » que j’avais distribués au public.

Et comment  a été perçu ce premier concert ?
 Ca a été un délire, il est vrai qu’à l’époque, il n’existait pas d’orchestre comme celui-ci sur Paris.

Et après ?
 Comme je le disais, cet orchestre n’avait été formé que pour faire deux « gigs » pour cette fête du Yiddish.  Quinze jours après, au festival d’Avignon, je rencontre Gabriel Garran, alors directeur du TILF (Théâtre International de Langue Française) qui, nous ayant vu lors de cette fête du Yiddish me dit « il faut absolument continuer, si tu veux , pourquoi ne pas faire un concert un soir au TILF ? »
Gabriel Garran m’a connu tout petit ; en effet,  mon père  était comédien (Henri Delmas de son nom de scène), il a travaillé de longues années au Théâtre d’Aubervilliers en tant qu’assistant de Garran.
J’ai donc décidé de continuer. Quelques musiciens ont changé et 6 mois après, je suis allé voir Gabriel Garran et lui ai dit : « écoute, OK pour le Théâtre, mais ce n’est pas un soir que j’aimerais mais une semaine ! » 
Il me dit qu’il ne peut pas m’intégrer dans la saison, mais, pourquoi pas, une fois la saison théâtrale terminée. Et c’est ce que nous avons fait : une semaine au TILF la 1ère semaine de juillet 1996.

Comment se sont passés ces  concerts au TILF?
 C’était incroyable, bourré chaque soir, et quasiment sans publicité (on n’avait pas les moyens).
On a même fait deux concerts pendant cette semaine là pour le Festival de Jazz de la Villette, puisque le TILF se trouvait derrière la Grande Halle de la Villette.

Quel était le répertoire à ce moment là ?
 On jouait de vieux airs klezmer, de vieilles chansons Yiddish (de façon instrumentale), mais que j’arrangeais à ma sauce. Il y avait toujours cette table sur la scène, avec une nappe, de la nourriture que je préparais et 3 bouteilles de vin et une bouteille de vodka par soir ! (rires).

Qu’est ce que cela veut dire « arranger à ta sauce » ?
 Et bien, je suis un musicien qui vit en France. On était à la fin du 20ème siècle, j’avais fait beaucoup de classique, beaucoup écouté de jazz, que je pratiquais dans diverses formations du quartet au big band et je ne voyais pas l’intérêt de rejouer les airs comme ils étaient joués au début du 20ème siècle.

Quelles étaient les sources ?
Les vieux enregistrements du YIVO. A l’époque on avait des cassettes, et oui ça parait bien vieux maintenant !!! Je travaillais en écoutant les très vieux enregistrements (le plus ancien date de 1905), je les transcrivais, j’écoutais très fidèlement les ornements faits par ces musiciens qui sans doute les tenaient de leurs ancêtres, des musiciens de la génération précédente. Je les passais à la vitesse inférieure sur un vieux magnétophone, et cela sonnait un octave  en dessous….quand j’y repense…et ce n’est pas si loin… (rires).

Mais toi, enfant,  tu as baigné dans cette atmosphère de musique Klezmer, d’airs Yiddish ?
Non, on ne peut pas dire cela. D’abord, franchement, la musique Klezmer personne connaissait. Le renouveau de la musique Klezmer a eu lieu aux Etats-Unis dans les années 70 et surtout à la fin des années 70.
 Bien sûr, pour moi, le Yiddish était présent ; enfant, je passais tous mes jeudis (on n’allait pas à l’école le jeudi à cette époque) dans l’atelier de mes grands parents paternels (mes grands parents maternels ayant tous 2 été déportés en tant que juifs, communistes et résistants, …).
Mes grands parents paternels étaient tailleurs, «  confection pour dames ! ».
Mon père qui était comédien, mais avait évidemment appris le métier de tailleur, leur donnait un coup de main. Je passais donc toute la journée à l’atelier, mes grands parents se parlant en Yiddish (et c’était aussi la langue parlée quand on ne voulait pas que les enfants comprennent!). L’après midi, j’allais au conservatoire du 10ème arrt de Paris dont les cours se passaient dans la mairie, dans la salle des fêtes, dans un couloir…, solfège et piano, disons que cela marchait  bien, j’aimais cela. Ma mère avait fait du piano et juste en dessous de mes grands parents, habitait une pianiste de renom, professeur au 10ème   arrondissement, Thérèse Cochet, c’était mon professeur de piano.

Mais où as-tu entendu ces airs ?
Je n’ai pas souvenir d’avoir entendu ces mélodies. Ma mère chantait, très jeune je suis allé passer mes vacances dans les colonies de la CCE. On chantait beaucoup, mais je n’ai pas le souvenir de les avoir chantées là non plus, bien que l’on me dise qu’on les chantait, que j’y ai appris à écrire le Yiddish….
Lorsque mes parents sont décédés et que j’ai déménagé leur appartement, j’ai trouvé les textes de chansons  yiddish, de chansons pour Hanouccha et autres que ma mère avait tapées à la machine, en plusieurs exemplaires avec du papier carbone. J’ai retrouvé dans les affaires de mes grands parents un gramophone avec des 78 tours d’airs Klezmer. Aucun souvenir de les avoir entendus, ou que ma mère m’ait parlé de la tradition….religieuse ou non !
En fait, j’ai le sentiment d’avoir fait un travail de découverte, ou de re-découverte, peut-être y a-t-il eu un barrage à une époque, un blocage quelque part, mais on n’est pas sur un divan, là ?

Et les musiciens du groupe, est-ce leur culture ? Connaissaient-ils cette musique avant d’intégrer le groupe ?
Alors parlons de ma conception quant au jeu de la musique klezmer aujourd’hui.
Quelques rappels d’abord : la musique klezmer était une musique de fêtes, de cérémonies, jouée par des musiciens qui connaissaient la culture juive  et qui se transmettaient la plupart du temps les mélodies de génération en génération, en fait de père en fils (les femmes n’avaient pas droit au chapitre là-dessus !)….. Suite à la forte émigration des populations juives d’Europe centrale et Orientale à la fin du 19ème et au début  du 20ème siècle aux Etats-Unis, de nombreux musiciens ont continué à jouer cette musique en Amérique du Nord, voire à l’intégrer dans le théâtre Yiddish ou les comédies musicales. Il suffit d’énumérer un certain nombre de compositeurs de standards américains pour y voir cette influence : Ira &#38; George Gershwin, Irving Berlin, Jerome Kern, Oscar Hammerstein II, Victor Young, Richard Rodgers, Kurt Weill etc…. A la fin des années 20 (1920), de nombreux musiciens ont intégré les grands orchestres de jazz naissants. De nombreux chefs d’orchestre étaient juifs : Benny Goodman, Artie Shaw, Ziggy Elman pour ne citer qu’eux.
Ils ont peu à peu abandonné le klezmer, ils gagnaient leur vie avec la musique de jazz.
En Europe, avec la Shoah, ont disparu les populations juives qui pratiquaient cette musique. 
En URSS, à partir de la fin des années 20, la plupart des musiciens klezmer arrêtèrent de jouer.
Même si, en 1937,  Staline commanda au célèbre musicologue Beregovski d’enregistrer de la musique Klezmer en Ukraine, celui-ci eut beaucoup de mal à trouver des musiciens qui pratiquaient encore cette musique. A partir de 1948, toute publication Yiddish fut interdite, que ce soit dans la presse, le théâtre, la musique.

Oui bien sûr, mais tu ne réponds pas à ma question : les musiciens du groupe, est-ce leur culture ? Connaissaient-ils cette musique avant d’intégrer le groupe ?
Je vais répondre, mais  il faut bien donner quelques éléments d’histoire. La réalité, c’est que cette musique avait quasiment disparu, aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis. Et je ne parle pas d’Israel, ou même maintenant elle est quasiment inexistante.
Tout cela pour dire qu’à partir des années 70, il y a eu un renouveau de cette musique avec Giora Feidman en Israel,  Andy Statman, Henry Sapoznik, Michael Alpert, aux Etats-Unis ; puis des groupes américains comme The Klezmorim,  di Kapelye, The Klezmatics, bref certains jouant de façon traditionnelle, d’autres plus rock.
Et moi, au début j’ai beaucoup écouté les anciens, Naftule Brandwein, Dave Tarras,  Shloyme Beckerman, plein de formidables violonistes très peu connus, les ensembles constitués en Europe de l’Est, aux Etats Unis ainsi que les groupes « revival » américains.
Et j’ai eu envie de faire mes propres arrangements, tout en relevant très précisément les mélodies. Lorsque j’ai demandé à tel ou tel musicien d’intégrer le groupe, ça n’a jamais été en fonction de son jeu de musique klezmer, et pour cause, aucun n’en pratiquait avant de rentrer dans le groupe.
Pour répondre à ta question maintenant, non les musiciens du groupe ne connaissaient pas cette musique.
Certains sont de culture juive, d’autres non. Ce qui m’importe, c’est leur façon de jouer, leur intérêt pour cette musique. Je pourrai détailler si tu veux…

Peux-tu me parler de chacun, depuis quand sont-ils dans le groupe ? Quel est leur parcours ?
Si tu me demandes une bio des musiciens, c’est pas mon truc…Demande leur directement...Ce qui m’intéresse, c’est comment ils jouent. C’est marrant comme en France, on a besoin de connaître la bio, ou le CV des gens pour se faire une idée !!! Bon OK, alors commençons par la rythmique. 

Philippe Dallais à la batterie a intégré l’orchestre quasiment depuis le début, fin 95 je crois. Je connais Philippe depuis 1984, nous avons joué du jazz ensemble, nous avions un quartet. C’est un batteur de jazz d’une finesse incroyable, qui a accompagné de nombreux jazzmen, il a été  le batteur des débuts du Big band « Lumière » de Laurent Cugny,  au tout début des années 80 je crois, ça ne date pas d’hier. Evidemment, nous n’avions que peu d’exemples de jeu de batterie dans cette musique, alors il a fait un travail à partir de ce  que j’écrivais pour la basse et le piano.
Il a développé un jeu très personnel, je ne connais pas d’autres batteurs dans cette musique qui la jouent aussi bien, il a un drive précis et solide, bien sûr, mais surtout, il est plein d’inventivité ; en fait c’est vraiment important d’avoir des musiciens qui pratiquent le jazz, même si j’écris beaucoup de choses dans les compositions ou les arrangements, ce sont les musiciens qui font vivre les partitions.
Comme le jazz, le klezmer est une musique « vivante ».

Oui, et il a un rôle central dans l’orchestre…
Bien sûr, il est au centre sur scène…(rires), non je plaisante. Pour moi, le cœur de l’orchestre c’est basse batterie…

Et à la basse ?
C’est Claude Brisset. Il a intégré le groupe vers août ou septembre 1998. Je connaissais Claude depuis 1988 ou 1989. Nous travaillions à l’époque dans  le même orchestre de « soirées juives ». On faisait des mariages, des bar mitsva…mais rien à voir avec la musique klezmer. On jouait certes quelques airs traditionnels, mais c’était disons plutôt rock et surtout on jouait beaucoup de variétés internationales.
Claude a une culture musicale incroyable. Très sincèrement, je ne connais aucun musicien qui a une telle culture. Et pas seulement en jazz, il connaît le rythm’n’blues, le rock, la pop, la variété et aussi bien le classique. "Claude, quel est le 5ème trompette dans l’orchestre de Stan Kenton en mars 1953 ?" Et il te le dit. Tu lui chantes le début d’une mélodie, il te chante la suite, tu lui fais écouter un titre, en 2 mesures il te dit ce que c’est, quelle version…C’est mieux que  « Shazam » ! (rires).
Tiens, une anecdote, un soir en rentrant d’une soirée privée à Bruxelles, on pose les instruments dans les chambres  et on se rejoint au bar près de l’hôtel, il devait être 3 heures du matin. On est là, au bar, devant une bière, un vieux pochtron est là, assis à une table derrière nous, et la musique passe. Du rythm’n’blues. Toutes les 3mn, le morceau change. Le pochtron dit : «  ça c’est machin » et Claude le reprend, « non, ça c’est Otis Redding mais la version de 66 dans « Dictionary of soul ». Au morceau suivant, même chose… Et ainsi de suite  pendant deux heures, franchement ça ne durait pas plus de deux mesures pour qu’il te dise le titre, le chanteur, la version…. heureusement, à la fin c’était Brel dans les arrangements de François Rauber, et là, il n’y avait plus de discussions et on a pu aller se coucher!
Claude a un groove phénoménal, il est capable d’entraîner tout l’orchestre à lui tout seul. (20 ans de freylekh, même si c’est un peu différent des freylekh klezmer, ça marque…et dans une très bonne direction ! Dans les arrangements,  j’écris toujours les lignes de basse, mais Claude te fait  sonner cela magnifiquement, ce ne sera jamais démonstratif, jamais pour épater la galerie, non, mais quelle musicalité, quelle efficacité,  quelle puissance ! Et quelle entente avec Philippe à la batterie !
Et puis quel arrangeur…Bon j’arrête, il va avoir les chevilles qui enflent !

Comment Olivier Hutman, pianiste de jazz, est-il arrivé dans l’orchestre..
Olivier est dans l’orchestre depuis début 1999. Fin 98, je cherchais un pianiste, je connaissais Olivier comme pianiste de jazz, son parcours et un soir, nous étions Claude et moi au New Morning pour voir le « Mingus Big Band », orchestre créé pour rendre hommage à Charlie Mingus. Steve Slagle faisait le lead alto.
Et nous voyons Olivier  donner des partitions à Steve Slagle en vue de l’enregistrement de son prochain  disque à New York. Nous vient alors l’idée de lui demander.
Le lendemain, j’appelle Olivier, dans l’après midi il est chez moi, je lui parle de notre projet, lui donne un disque (enregistré en 96), des partitions. Il me dit qu’il va écouter, et il me rappelle en début de soirée pour me dire oui. C’est tout Olivier, un professionnalisme hors pair. Quand il dit qu’il fait, il fait!
Olivier a un swing terrible, je me souviens de l’avoir vu en duo avec Sadao Watanabe, à deux c’était incroyable le swing qui se dégageait ! Evidemment, c’est un jazzman chevronné  et dans du binaire, il te fait tourner l’affaire de façon incroyable.
Au milieu  des années 70,  avec les frères Cinelu, il a fait partie d’un des premiers orchestres de jazz-rock, « Chute Libre ».  Il a accompagné des tas de jazzmen de Pepper ADAMS à James MOODY, en passant par Toots THIELEMANS,  Stéphane GRAPPELLI,  Michel LEGRAND, Henri SALVADOR, Dee Dee BRIDGEWATER,  Tom HARRELL, et tant d’autres…
J’étais vraiment heureux qu’Olivier accepte  de nous rejoindre, ce n’était pas évident, nous ne sommes pas un groupe de jazz au sens propre. Mais Olivier a intégré le groupe parce que cette musique lui tient à cœur, parce qu’aussi notre démarche musicale l’intéresse sans doute.. ; enfin ce n’est sûrement pas par intérêt financier… !.(rires).
Mais ma demande quant au groupe est justement de laisser certains de ses backgrounds de côté et de jouer klezmer, ou en tout cas d’inventer, de trouver un jeu propre à cette musique.
Encore une fois beaucoup de choses sont écrites au départ, mais évidemment, Olivier transforme la partition, la transcende par son jeu à la fois d’accompagnateur de musique vivante et d’improvisateur.

Justement, parlons un peu de la place de  l’improvisation dans tes arrangements.
Au début nous avons joué beaucoup de musique traditionnelle, arrangée à ma sauce, parfois…que dis-je souvent transformée par rapport aux originaux que j’avais pu écouter sur les anciens enregistrements du début du 20ème siècle. D’ailleurs des fois, lorsque certaines parties mélodiques des morceaux ne me plaisaient pas, je coupais. En général, dans cette musique, les mélodies sont en mineur, et parfois (rarement), elles passent en majeur.
Et si je n’aimais pas ce passage, carrément, je coupais. En fait, mes grands parents étaient tailleurs et à ma façon je continuais la tradition, je coupais….(rires).
Puis rapidement, j’ai eu envie de laisser de la place pour improviser.  Il faut dire qu’au départ,  cette musique était une musique de fêtes, de cérémonies, de mariages, et les mariages à cette époque pouvaient durer plusieurs jours, alors les musiciens, jouaient et rejouaient  plusieurs fois les mélodies, sans doute en les paraphrasant ; c’était en quelque sorte des improvisations autour de la mélodie, comme cela s’est fait avec les débuts du jazz aux Etats Unis. Et puis il y avait aussi des « doïnas », morceaux lents sans vraiment de tempo, où là c’était carrément de l’improvisation sur quelques accords.
Alors, comme nous tous pratiquions des musiques où il y a des improvisations, j’ai eu envie de laisser des plages pour cela.
Mais j’ai toujours tenu à ce que les musiciens du groupe laissent les clichés de côté. 

Que veux-tu dire par  « laisser les clichés de côté » ?
bonne question : dans le jazz, la forme est souvent la suivante : une mélodie, souvent assez courte, 12 mesures, 32 mesures, construite sur une grille harmonique, une succession d’accords qui va être un support pour une improvisation.
Les improvisateurs se succèdent, sax, trompette, piano etc…Je n’avais pas envie de pratiquer cette forme.
Dans la musique klezmer, traditionnellement, les mélodies sont assez longues, construites par structure de 8 mesures que l’on joue 2 fois. Les grilles d’accord sont assez simples, les modes (gammes) musicaux très caractéristiques.  Dans mes compositions, je me suis appuyé sur cette tradition, en privilégiant toujours les modes klezmer. Et les improvisations, n’ont pas obligatoirement lieu sur la grille du morceau. Au contraire, souvent c’est quelque chose de très simple, très modal. Et puis, lorsque j’écris un morceau, il est destiné à un musicien, je le pense pour une personne d’abord (les musiciens du groupe sont tellement différents, ont des parcours tellement différents…), puis pour l’instrument. Je n’ai pas envie de cette succession de chorus. Et s’il y a 2 musiciens qui improvisent dans un même morceau, soit c’est  parce qu’ils vont improviser ensemble, oui oui carrément, soit que ce seront deux univers complètement différents. 
Et puis, si certaines improvisations me paraissent trop connotées jazz, je le dis. Par exemple, j’ai toujours eu envie, que dans les concerts, il y ait un moment pour un instrumentiste solo. Souvent le piano, j’aime ce moment où le spectateur est pris par un musicien seul, avec la lumière sur lui uniquement, pour les oreilles, l’émotion, le spectacle, j’aime ce moment là. Donc Olivier avait souvent une plage pour lui, et il faisait ce qu’il voulait, une improvisation sur un morceau juif. Pendant une période il avait choisi de faire un travail sur « a Yiddishe mame », monument de la chanson Yiddish (écrite aux Etats-Unis et popularisée par Sophie Tucker en 1925). Il faisait  une introduction superbe et si un soir, ça partait sur une improvisation trop connotée jazz, avec toute mon admiration pour Olivier, je le lui disais. Je me souviens aussi d’un morceau (Ounerkes) que nous avions enregistré pour l’album « delicatessen », dont l’improvisation de Matthias au trombone était complètement « blues ». Finalement, ce morceau, je ne l’ai pas mis sur l’album. Comment dire, on peut, bien sûr, jouer n’importe quelle mélodie avec une rythmique jazz, ou reggae pourquoi pas et alors ? Tu peux jouer « Mazel Tov »  en swing, en enrichissant l’harmonie, en substituant tous les accords, OK, mais ce n’est pas ce que je recherche dans mon travail.
J’ai horreur de la « fusion ». Plaquer des rythmiques toutes faites. Tout mon travail dans cette musique a consisté, consiste à l’enrichir, à essayer de trouver des nouvelles choses sans dénaturer ce qui fait sa force, son groove particulier, que ce soit au niveau des mélodies ou de la rythmique. Par expérience, et je commence à en avoir, à chaque fois que tu plaques des enchaînements d’accords assez sophistiqués (comme c’est dans le jazz), que tu plaques une rythmique connotée, tu affadis beaucoup la musique. D’ailleurs, dans mon dernier travail sur l’album l’Entre-Deux, qui a un réel rapport à la Réunion, il n’était évidemment pas question de faire jouer de la musique réunionnaise par le groupe.
Et je sais que certains réunionnais sont déroutés, déçus. Ils n’y retrouvent pas la musique réunionnaise. Et bien heureusement…On fait de la musique Klezmer. Je dis cela, non pour fractionner, mais pour au contraire développer le caractère propre de cette musique.
Voilà ce que j’entendais par « laisser les clichés de côté », mais bien sûr, notre façon de pratiquer cette musique vivante s’apparente au jazz dans la mesure où même si beaucoup de choses sont écrites, ce sont les musiciens qui la font vivre comme ils l’entendent, surtout au niveau de la rythmique.

Bon, continue à nous présenter les musiciens du groupe, Yann Martin par exemple.
Ah Yann.., il a intégré l’orchestre début 1996, je crois. Nous jouions à l’époque des relevés de Don Byron qui avait lui-même fait des relevés de Mickey Katz. Et je me souviens que Yann, justement avait travaillé les parties de Dave Douglas  (c’est lui qui jouait la trompette avec Don Byron sur cet album, c’était avant que John Zorn crée Masada avec Dave Douglas, Greg Cohen et Joey Baron).  Donc lorsque Yann a intégré l’Orient Express Moving Shnorers, il avait déjà travaillé les phrasés klezmer, écouté les clarinettistes et leur jeu. Il a développé sa façon de jouer très personnelle, complètement dans ce style, en mettant sa technique au service des cette musique. Je me souviens d’un concert que nous avions fait un après midi au festival d’Amiens. Franck London était là en duo avec Lorin  Sklamberg (des Klezmatics), (d’ailleurs Masada  avait joué aussi cette soirée là, je crois) et à la fin Franck London est venu voir Yann et était très étonné qu’un musicien non juif puisse jouer cette musique de cette façon là!
Et ils se sont mis à parler de musique, échanger des partitions et pas seulement parler d’embouchures !

Quand on vous voit sur scène, tous les deux, on dirait qu’il y a une réelle connivence.
Mais ça fait des années que l’on joue l’un à côté de l’autre, j’ai le pavillon de sa trompette dans mon oreille droite, il a le sax tout près, forcément,  on connaît notre façon de respirer, de phraser et souvent dans mon écriture, le sax soprano joue avec la trompette, soit à l’unisson,  soit harmonisé. Comme c’est une musique avec plein d’ornements, de broderies, d’inflexions, il faut absolument qu’il y ait osmose entre nous, pour la justesse, la précision, les attaques etc…Et cela, ça s’acquiert avec les dizaines de concerts que l’on a fait. Et puis, Yann apporte une telle bonne humeur ! Pour sûr,  le poste de trompette n’est pas facile à remplacer….(rires).

Justement, y a-t-il eu des remplacements dans l’orchestre ?
Les musiciens de Klezmer Nova, sont tous des musiciens très réputés, qui jouent beaucoup, ont aussi parfois leurs propres projets. Donc il nous est arrivé de devoir remplacer un musicien sur quelques concerts. Mais je fais toujours en sorte que ce soit des gens très compétents et qui puissent jouer dans ce style de musique. Je me souviens de séries où Micha (au violon), s’est fait remplacer, notamment par Jean Wellers lors d’une tournée en Islande, ou lors d’une série à l’Européen par Michel Ripoche. Je crois que tout le monde s’est fait remplacer au moins une fois, même moi… ! (rires).

Et Matthias Mahler, au trombone, comment tu l’as connu ?
Quand Matthias a intégré le groupe, en 2000, j’étais d’abord allé l’écouter, sur les conseils de Yann,  dans une boite où il jouait avec un groupe de salsa. Tout de suite, Matthias s’est intégré. Le rôle du trombone est particulier dans cette musique, en tout cas dans ma façon de l’arranger. Il est à la fois dans la rythmique, il sert à faire « tourner l’affaire » comme on dit. Et en même temps, enfin à d’autres moments, il joue les thèmes ou participe à l’harmonisation de la mélodie. Matthias a eu un parcours de musicien classique, il a fait le CNSM de Paris et il a un son tout à fait adapté à la « tournerie » avec la rythmique. Il s’agit de se fondre avec basse, batterie, piano chacun ayant un rôle précis, et il le fait à merveille. Mais c’est aussi un improvisateur hors pair qui quand il envoie, ça « déchire ». Dans ce contexte, il a formé avec Sylvain Bardiaux à la trompette et  Fred Gastard au sax basse un trio formidable, « Trio Journal Intime ». Matthias est quelqu’un d’assez réservé, mais il quand il a le trombone, laisse- moi te dire qu’il est bien là ! 

Au violon, c’est Micha Nick….
Oui, Micha est dans le groupe depuis 1997. C’est un musicien « extra-terrestre ». Il est né en Allemagne, il vient en France à l’âge de 17ans pour jouer avec le saxophoniste  Yochk'o Seffer. Il a étudié et  pratiqué la musique contemporaine. Il a beaucoup joué dans des contextes d’improvisations totales avec des groupes ou musiciens comme Art Zoyd, Siegfried Kessler, David Liebman, Claude Tchamitchian et bien d’autres. Il aime partir de rien, aucune structure, qu’elle soit harmonique ou mélodique…. Évidemment, ce n’est pas le sujet dans un groupe de musique Klezmer tel que Klezmer Nova (rires). 
Il compose beaucoup, peint. Mais il faut que je parle de sa façon de jouer du violon. Je connais peu de violonistes qui peuvent sortir des sons aussi variés de leur instrument. Il est capable de faire sortir un filet de sons, à peine audible, où jamais tu n’imaginerais un violon et de timbrer à mort comme certains violonistes classiques savent le faire, que dis-je de timbrer encore bien davantage.  C’est proprement hallucinant ! Et dans ces improvisations, c’est incroyable. Ça ne sera jamais pareil évidemment comme toujours dans le jazz, mais ça n’est jamais connoté. D’ailleurs tu ne sais jamais combien de temps cela peut durer, ce qui va en sortir. Évidemment, il peut y avoir des soirs où c’est moins bien, c’est cela la musique vivante. Car si tu lui dis, « Micha, le concert d’hier était magnifique, tu pourrais partir dans cette direction ce soir aussi », alors tu peux être sûr qu’il fera tout pour ne pas faire la même chose le lendemain, mais alors là,  pas du tout la même chose (rires). Je pense avoir un certain esprit de contradiction, mais avec Micha, je suis battu à « plate couture ». Il n’y aura jamais deux concerts identiques, deux concerts égaux. Micha sur une scène, il électrise le public. Réellement. Quelle musicalité. 
Dans le dernier répertoire de « l’Entre-Deux », j’ai écrit un morceau pour lui : « Takamaka Songe ». Je voulais 3 parties, une partie pour lui tout seul, entièrement libre, une 2ème très écrite, une 3ème, improvisation de violon sur une rythmique répétitive, un peu entêtante. Ce qu’il fait de la partition écrite est renversant. La mélodie que j’ai écrite n’est pas facilement datable, mais le son qu’il apporte en  fait un objet venu d’ailleurs (rires).
Lors de l’enregistrement, il a dû faire 15 ou 20 prises pour la partie où il joue tout seul. Il n’était jamais complètement satisfait. Je peux t’assurer qu’il n’y en a pas deux qui ont un quelconque rapport. Ce mec est inclassable, ingérable, un OVNI ! (rires).

Et la clarinette, instrument phare dans cette musique ?
Il faut juste que je retourne un peu en arrière. En 1997, nous avions une série de 10  concerts à l’Auditorium St Germain pour les fêtes de Noel. Je cherchais un clarinettiste. Mes enfants me parlent alors d’un de leurs copains de lycée qui s’intéressait à la musique Klezmer (il était en 4ème et 3ème dans la même classe que mon fils). C’était Guillaume Humery (Yom, maintenant). J’appelle chez lui vers midi, tombe sur sa mère qui va le réveiller. Je lui parle du projet, etc…. Et il est venu chez moi pendant un mois, 3 ou 4 fois par semaine.
Nous avons fait ces 10 jours au théâtre, il avait 17 ans. Tu imagines, à 17 ans rentrer dans un groupe où certains sont plus proches de la cinquantaine que de la trentaine ! Outre son immense talent musical, il a une très grande force psychologique ! Il a énormément appris avec le groupe et j’en suis très heureux.

Il y a toujours eu autant de différences d’âge dans Klezmer Nova ?
Ça n’a jamais été un problème pour moi, bien au contraire. J’ai toujours souhaité transmettre. Évidemment, mes enfants diront que je ne leur ai jamais transmis la cuisine par exemple, mais c’est un autre débat, et puis ce sont mes enfants….D’ailleurs ça n’a pas été sans quelques tiraillements dans le groupe à l’époque du style « tu te rends compte, il a  17 ans, aucune expérience de la scène et bla bla bla… ».  Dans le groupe, Yann a 18 ans de moins que Claude, Matthias a 22 ans de moins que moi. (rires). Il faut faire confiance aux jeunes, non ? C’est vraiment un problème en France : on est incapable de leurs donner des responsabilités. Et quand, alors que j’étais encore à la Réunion, Guillaume m’a dit qu’il ne souhaitait pas continuer le groupe, qu’il avait sa carrière solo, sur les conseils d’Olivier, j’ai appelé un autre jeune clarinettiste, immensément talentueux, qui a seulement quelques années de plus que Guillaume, Thomas Savy.

Alors parle moi de Thomas Savy.
Donc Olivier me conseille Thomas Savy, que je connaissais comme  musicien jouant le sax ténor et surtout la clarinette basse. C’est un jazzman. Lors d’un de mes passages à Paris, alors que j’habitais encore à la Réunion, nous nous sommes rencontrés chez moi, je lui ai parlé du projet. 
Thomas a une très sérieuse technique de clarinette (il a d’ailleurs eu le même professeur que Guillaume), mais il a aussi un parcours de jazzman,  il a fait le CNSM en classe de jazz et a joué dans de très nombreux big bands et avec de nombreux jazzmen. Il a fait 2 disques en soliste qui ont obtenu de nombreuses distinctions, il a été nominé aux Victoires du jazz 2010 pour son album « French Suite ».

Oui mais quel rapport avec le klezmer ?
Lorsque je l’ai rencontré chez moi, la 1ère fois, il m’a dit ne pas connaître la musique klezmer, mais être très intéressé par cette musique, par le groupe, pour des raisons personnelles, familiales...  Je pense que pour un certain nombre d’entre nous,  nous nous sentons impliqués dans cette musique, voire  dans cette culture, et il peut aussi y avoir des raisons autres que musicales.  Pour revenir à Thomas, après tout, pour nous tous, le klezmer n’a pas baigné notre enfance, et pour cause, il avait disparu. Avant de s’y plonger, on ne savait pas le jouer !. Quel est le musicien klezmer actuel qui est né dedans ??? (rires).

Et comment s’y est-il mis ?
Et bien comme tout le monde, il écoute, je lui écris les choses, au plus près de ce que je souhaite entendre, lui montre les inflexions, les ornements, et puis après, c’est lui qui fait sa sauce, comme il le sent.  On peut expliquer plein de choses sur le klezmer, le phrasé, les ornements, les « krekhts »(espèces de cri, de sanglot que l’on obtient à la clarinette), mais après il faut que chaque musicien joue avec ses tripes. Je connais des disques de klezmer, joué sur des morceaux traditionnels, avec  style, ornements repiqués assez fidèlement mais sans âme, sans aucune implication de la  part des musiciens. Franchement, c’est chiant à mourir. Quel intérêt. Ca n’a aucun sens d’essayer de jouer les choses comme elles étaient jouées un siècle avant ! Thomas a une très forte personnalité, un sens très aigu de la musique. Il sent très bien les choses et pige très vite. Lorsque certaines choses ne me plaisent pas, je le lui dis. Et il y a bien des fois où je n’ai même pas besoin de dire…. Il suffit que l’on joue en public ! Dans le dernier album, l’Entre-Deux, j’ai écrit un morceau pour lui à la clarinette basse, « Sisyphe 974 ». Au début de son solo, il y a une plage clarinette et piano, seuls tous les deux. Puis l’orchestre rentre doucement, et l’idée de départ, c’est que Thomas emmène tout le monde, simple non ? Ce qu’il en fait est terrible, magnifique. Que ce soit en concerts ou dans les prises de l’enregistrement, c’est exactement comme je l’avais imaginé. C’est vraiment enthousiasmant quand les musiciens réalisent ce que tu avais imaginé. Et là Thomas a très vite pigé le sujet.
Tiens une anecdote :  Thomas connaissait Olivier car le grand père de Thomas se fournissait en costumes chez le père d’Olivier ! 
Et Thomas était admiratif devant le jazzman qu’était Olivier. C’était un des premiers pianistes qu’il a vu lorsqu’il avait 14 ans dans un club parisien, la Villa, je crois (ça n’existe plus). « Sisyphe 974 », c’est la 1ère plage qu’ils ont enregistrée ensemble, et c’est magnifique. Je suis très heureux d’avoir pu permettre cela.

Et toi, qui es-tu ?
Ne compte pas sur moi pour te dire qui je suis.  Par contre, je peux te parler de mon travail pour Klezmer Nova ! Depuis le début, je fais donc les arrangements, et de ce fait, j’y impulse aussi une direction artistique. Même si au tout début, il a bien fallu apprendre, donc beaucoup écouter les vieux enregistrements du début du 20ème siècle, relever précisément les ornements, les phrasés, rapidement, j’ai eu envie de démarrer un travail sur cette musique et d’y apporter ma propre pierre (rires). 

Comment décrirais-tu ton apport ?
Tout d’abord mon sentiment est que dans cette musique, il y a des mélodies extraordinaires, d’une grande puissance. La force de la mélodie dans la musique klezmer est une de ses principales caractéristiques.
Mais  elle repose sur une rythmique qui est aussi très puissante. Je devrais dire «des rythmiques», car il y a évidemment, comme dans toutes les musiques populaires, plusieurs types de rythmiques.
Lorsque l’on écoute les très vieux enregistrements, cela n’est pas la première chose qui saute aux oreilles bien sûr. Souvent on a juste un cymbalum, ou un piano, parfois la mélodie seule, assez rarement un orchestre complet. Les arrangements ne sont pas très riches, les musiciens jouent à l’unisson.
Bref, mon premier travail a été de me pencher sur la rythmique.
Prenons comme  exemple le type de musique que nous appelons un « freylekh » qui veut dire joyeux en Yiddish. C’est une rythmique que nous jouons maintenant de façon très rapide (elle ne l’était pas forcément au début dans les traditionnels), je me base sur la basse qui va faire un rythme de deux noires pointées suivies d’une noire. C’est un rythme très entraimant, très dansant. Le tango est basé sur ce rythme mais beaucoup plus lent. J’y ajoute le piano dont la main gauche peut faire des noires légères et la main droite une rythmique assez syncopée. La batterie va reprendre tous ces rythmes une partie avec la grosse caisse, une autre avec la caisse claire, et encore une autre avec la cymbale ride plus la charleston. Quant au trombone, je vais lui faire faire une rythmique qui reprend aussi des éléments des 3 autres. Si je n’ai que 2 instruments, la mélodie au soliste et la rythmique au trombone, ça me suffit, on saura déjà que c’est du klezmer par la ligne mélodique  et le groove sera donné par la partie trombone.
 Mais là on commence à parler technique, ce n’est pas évident pour retranscrire cela dans un texte. 

Tu parlais tout à l’heure de l’interprétation du klezmer, mais peux-tu nous en dire plus sur ta façon d’arranger ? Klezmer Nova ne ressemble à aucun groupe, tant au niveau des arrangements que du son ?
J’aime la violence qui se dégage de cette musique et j’ai essayé de renforcer cela en travaillant sur le cœur de l’orchestre qu’est basse, batterie, piano. Chaque instrument faisant une rythmique particulière, l’ensemble produisant un groove très puissant. Le trombone vient soutenir cette rythmique et là, la machine est prête. Encore une fois, la rythmique est écrite, mais c’est une base que  Claude, Philippe, Olivier et Matthias transforment, déforment, font vivre par leur expérience de musiciens de jazz, de musique vivante. Évidemment, je ne demande pas qu’ils jouent exactement ce qui est écrit, il faut qu’ils se l’approprient ! En ce qui concerne les instruments qui vont jouer la mélodie, nous avons au sein de l’orchestre quatre timbres différents : clarinette, violon, trompette, saxophone et parfois 5 lorsque j’utilise aussi le trombone pour la mélodie. Si j’écris pour le sax soprano, il est souvent à l’unisson avec la trompette, ce qui donne un son un peu agressif. Ou alors le soprano va faire la mélodie et la clarinette harmonisera cette mélodie par une contre chant. Parfois je mets aussi la trompette à l’unisson avec le violon, cela donne un timbre très particulier ; il n’y a pas de règles, il existe une grande variété de timbres, j'ai plein de combinaisons possibles et je m’amuse à jouer avec cela. Tu peux même faire penser parfois à un big band ! C’est génial ! (rires).
Et je te parlais de cette rythmique particulière de « freylekh » tout à l’heure, mais quand tu alternes cette clave klezmer avec ce qu’on appelle la pompe, sorte de marche ou chaque temps est balancé par son contre temps, tu as une impression d’accélération phénoménale. Tu es comme au volant d’un bolide. Tu appuies sur l’accélérateur et la machine part à fond, et là laisse moi te dire qu’il suffit de regarder le public pour ressentir l’effet euphorique que cela produit. Résultat garanti, je peux te l’assurer.

Vous avez beaucoup joué depuis la création du groupe ?
Evidemment jamais assez ! (rires). Un groupe comme Klezmer Nova devrait jouer beaucoup plus que ce soit en France ou à l’étranger ! (rires). Nous avons dû faire un peu plus de 300 concerts en dix ans, de 1995 à 2005. Puis je suis parti vivre à la Réunion, le groupe s’est arrêté.  Beaucoup de ces concerts ont été produits par nous.

A Paris ?
Oui, il y a eu des séries  de concerts mémorables au TILF (Théâtre International de Langue Française),  à La Maroquinerie, à l’Auditorium St Germain, à l’Européen. C’est vraiment super de pouvoir jouer  5 jours, 8 jours, 10 jours voire 15 jours de suite, tous les soirs. Tu t’installes dans un lieu, tu prends possession du son et forcément chaque soir est différent, avec des moments magiques. Ça, tu ne peux pas le maîtriser, j’adore !

Et pourquoi ne pas en faire plus souvent des concerts dans une salle parisienne ?
Tout simplement parce que faire une salle parisienne est un gouffre à pognon ! (rires).  Nous sommes huit musiciens, un ingénieur du son, parfois il y a une création lumière. Plus la location d’un piano, la salle, la promotion….Bref, il est impossible de rentrer dans ses fonds à moins de mettre des prix de places à 35 ou 40€, ce que je me refuse. Je veux que le maximum de gens puisse venir à nos concerts. Et quand on le fait, c’est que l’on est aidé par les sociétés civiles comme par exemple la Spedidam, l’Adami, le FCM, la Sacem. Sinon, c’est mission impossible, il faut le savoir.

Toutes ces salles ont une jauge de 300 personnes, pourquoi pas de plus grandes salles ?
Oui, elles sont mêmes un peu petites pour nous, car il y a beaucoup de son direct avec Klezmer Nova. La rythmique, les cuivres envoient un grand volume sonore, c’est une musique avec un groove puissant, et il y a des moments où « tu ne peux pas la jouer dans les chaussettes ». J’adore une salle comme l’Européen où tu joues presque dans le public. Mais on a aussi joué dans des plus grandes salles sur Paris.

Ah oui, lesquelles ?
On a joué au Trianon (900 places), à la Cigale (1000 places), mais dans ces salles là, c’est encore bien pire au niveau financier, jamais on n’aurait pu le faire sans Universal. A l’époque on était en licence chez Universal, on a fait deux albums avec eux. Nous n’y sommes plus depuis 2008. Quand tu fais des salles parisiennes, tu perds beaucoup d’argent, mais il faut y jouer pour faire venir la presse, les acheteurs potentiels et évidemment pour le public parisien !

Quel est le public de Klezmer Nova ?
Au début, évidemment, on a eu un public communautaire qui est venu nous écouter et nous soutenir. Je me souviens d’une dame âgée, très âgée, qui m’a dit « c’est formidable, ça m’a rappelé mon mariage en Pologne ». Pour moi c’était très émouvant d’entendre cela, même si notre répertoire actuel est plus éloigné du traditionnel, mais à l’époque ça m’a fait excessivement plaisir. Une autre femme, un jour, me dit : « ce n’est pas comme cela que ça se joue ! » J’ai bien senti qu’elle était déçue, alors je lui répondu que c’était comme cela que NOUS, nous le jouions ! (rires). Une autre m’a dit un jour « ça m’a donné envie de danser, comme lorsque j’étais jeune ». C’est vrai que, même si je fais parfois tout pour casser les rythmes, c’est une musique formidablement entraînante.

Et maintenant, quel est le public à vos concerts?
Même à cette époque déjà, il y avait un public de jeunes. Mes enfants amenaient leurs copains, la génération des 18-25 ans,  et rapidement, nous avons réussi à toucher ce public là. C’est une musique qui bouge, qui donne envie de danser, mais qui est jouée aussi avec un groove puissant, un son de musique live qui leur parle. Pour répondre à ta question, nous avons un public très varié, d’âges très différents. Souvent un public assez mélomane mais pas uniquement. 

Et en province, vous avez beaucoup tourné ?
Pas assez évidemment ! (rires). On a fait de beaux festivals, qu’ils soient de jazz, de musique traditionnelle, on a même joué au festival de Radio France à Montpellier, plutôt axé sur la musique classique. Depuis longtemps déjà, les festivals de jazz ou de musique classique ouvrent sur d’autres musiques, et Klezmer Nova est très à l’aise dans ces contextes ; de par les musiciens de jazz qui le composent, par leurs valeurs instrumentales, leur expérience, par les arrangements parfois recherchés  mais en même temps très festifs ; on a toujours beaucoup de succès aussi dans ces lieux où un public qui ne connaissait pas cette musique, nous découvre. On a aussi joué dans quelques scènes nationales, mais franchement, pas assez ! (rires).

Et vous avez joué aussi à l’étranger ?
Et bien je vais te faire la même réponse : pas assez évidemment ! (rires). Ça va devenir un leitmotiv ! Ce groupe est vraiment de carrure internationale ! On a fait de belles tournées, en Islande, en Hongrie, on a aussi joué au Maroc, au festival d’Edinburgh, mais là, c’était nous qui produisions ! On l’a fait à deux reprises en 1999 et en 2004  je crois, sur treize concerts la 1ère fois et onze concerts la 2ème. 

Comment a été l’accueil du public ?
Formidable, et pas seulement du public. Nous avons eu beaucoup d’articles, que des cinq étoiles ! (rires).

Pourquoi tu ries, en France aussi vous avez eu beaucoup de récompenses, non ?
Oui, bien sûr, mais pas assez vu la valeur du groupe ! (rires).  La différence, c’est qu’en Écosse, comme souvent dans les pays anglo-saxons, les journalistes se foutent du dossier de presse, du CV des musiciens, du CV du groupe. Ils arrivent, ils ouvrent leurs oreilles,  et ils écoutent. Et je peux te dire que dans les critiques des journaux écossais,  parfois longues et très détaillées, tu vois qu’ils ont entendu énormément de choses quant à l’arrangement. C’est moins vrai en France. En 2004, on a même eu un Award sur l’ensemble du festival !

Quand on vous voit sur scène, on a le sentiment que vous prenez beaucoup de plaisir… ?
Oui, ça c’est sûr. Plusieurs raisons à cela : d’abord c’est une musique très festive même si parfois elle est grave. Mais les mélodies sont agréables à jouer et j’essaye de continuer cela dans les compositions que j’apporte. D’autre part, la rythmique, le  « groove » sont particulièrement puissants, prenants et en tant que musiciens, cela te porte. D’ailleurs c’est une des caractéristiques de Klezmer Nova, cette façon de propulser la musique, nous ne sommes que huit sur scène, mais parfois on a l’impression d’être un big band et cela c’est assez jouissif. Et puis, je veux que chaque musicien soit mis en valeur…

Oui, c’est vrai, chacun d’entre vous a un moment pour lui…
Oui, quand je démarre une composition, elle est dédiée non seulement à un instrument, mais à un instrumentiste. Si je fais un morceau pour Olivier au piano, je n’imagine pas qu’il soit joué par Yann à la trompette par exemple. Ce morceau sera fait en fonction de la personnalité du musicien, de l’instrument, de son jeu. C’est vrai pour le solo s’il y a improvisation, mais c’est vrai aussi pour le thème. C’est pour cela que chacun y trouve son plaisir, à un moment ou à un autre, c’est lui que le public est venu voir.

Mais il n’y a pas de solos dans chaque morceau ?
Non, heureusement. Comme je te le disais, je n’ai pas envie de reproduire le scénario d’un concert de jazz avec thème, solos divers, thème. Je préfère une forme très écrite (au niveau de la mélodie), puis éventuellement une improvisation dédiée à un instrumentiste. Et puis, il y a des morceaux sans solo, pour le groupe tout entier avec une écriture assez travaillée, mais en général ce sont des choses assez rythmées, qui font bouger, même si nous ne sommes pas un orchestre de danse.

Vous avez fait combien de disques ?
L’Entre-Deux est notre 4ème album.

4 albums en 16 ans d’existence, ça ne fait pas beaucoup !
Certes, mais, premièrement, je ne fais pas un disque pour faire un disque. Lorsque j’en fais un, c’est qu’il y a quelque chose à dire. Deuxièmement, je suis parti vivre à la Réunion en 2005, et là, le groupe s’est carrément arrêté. Troisièmement, je suis rentré en juin 2009 avec l’idée de remonter le groupe et de refaire un album. Et bien, il m’a fallu deux ans et demi pour écrire, faire quelques répétitions, trouver deux ou trois concerts publics avant d’enregistrer, faire le mixage, m’occuper de la pochette, trouver les sous pour tout cela….et voilà, tu sais je fais beaucoup de choses tout seul. De nos jours, si tu n’es pas porteur de ton projet, personne ne vient te chercher… !

Oui, mais avant, dans les premières années ?Pourquoi seulement 3 CD ? Quand est sorti le premier album ?
En décembre 1996.  Le groupe était donc « l’Orient Express Moving Shnorers » et l’album  s’appelait « les lendemains de la veille ». Je pense que c’est un collector maintenant, je ne sais même pas s’il est en vente quelque part. Mais on ne peut pas dire que c’était le même groupe, certains musiciens ont  changé, il n’y a que Philippe, Yann et moi de ce groupe (nous n’étions que 7 à l’époque). Et le son est très différent. Il y avait beaucoup de traditionnels,  déjà très arrangés, quasiment pas d’improvisation sauf sur la seule composition de cet album, « Fanette » que j’avais écrite en mémoire de ma mère.
Ensuite nous avons fait un disque sorti en janvier 2001 chez Universal. Le groupe s’appelait encore « l’Orient Express Moving Shnorers » et l’album  « Klezmernova » ; 73 minutes de traditionnels très arrangés et deux compositions avec quelques improvisations.

C’est à ce moment que vous avez changé de nom ?
Un peu après. L’attachée de presse qui s’occupait de nous, en avait marre de donner ce nom à rallonge, et puis, moi aussi j’en avais assez d’expliquer le nom. Quand on me demandait, « pourquoi Orient Express Moving Shnorers ? », je répondais « Orient Express » car c’était le nom d’un train mythique qui traversait de nombreuses régions où avaient vécu des populations juives, « Moving », mot anglais (en référence à l’immigration juive aux Etats-Unis) qui signifie à la fois, « mouvant »  et « émouvant » ce qui caractérise bien à la fois le peuple juif et cette musique et « Shnorers », là il fallait que j’épelle… !!!…Ou alors, lors d’une interview à la radio, je disais   « Ah, non, Shnorers,  je ne me souviens plus de ce que cela veut dire….Mais, votre veste n’est pas mal,  j’ai un mariage demain, vous pourriez me la prêter ? Ou je demandais à ce qu’il me prête le micro pour un enregistrement…Bref, j’en avais marre. Un Shnorer est un mendiant, mais pas le mendiant qui tend la main pour une pièce, il te rend un petit service, parfois il te parle de la vie...Certains le font passer pour un "mendiant philosophe", mais la réalité, c'est que c'est un "pique assiette", il te demande une pièce, puis te demande de rentrer chez toi pour un repas, puis il s'installe sur le canapé pour dormir et le lendemain il prend ton lit...etc; OK j'en rajoute, mais ...Et puis, surtout, la vraie raison de ce changement de nom, c’est que je ne suis vraiment pas un Shnorer, dans ma famille c’était très péjoratif ! (rires).

Donc vous avez changé de nom en 2002?
Oui, c’est cela. Et puis en 2002, j’ai écrit un nouvel album, « delicatessen »  dont le thème central est la nourriture, enfin c’était un prétexte ! Il n’y avait que des compositions, avec pas mal d’improvisations et seulement deux traditionnels, mais quand même très arrangés…(rires). Cet album est aussi sorti chez Philips/Universal.

Ils se sont bien vendus ?
Nous étions dans un petit label, le crossover d’Universal. Ils y mettaient ce qui n’était pas facile à classer…(rires),  on dépendait de Philips-Universal. Les équipes avec qui j’étais en relation étaient très sympas. Je crois qu’ils étaient assez contents de la vente. Sur le premier album surtout, car après a commencé la crise du disque. Enfin, très honnêtement je ne m’en suis pas trop préoccupé, sans doute ai-je eu tort car c’est moi qui ai toujours tout produit (suis pas très doué pour le commercial, sans doute un défaut familial !) (rires).

Et  maintenant, vous êtes toujours chez Universal ?
Non, bien sûr, ils ont fait le ménage dans les années 2000 avec la crise du disque.  

On les trouve encore ?
Ecoute, pour l’instant ce sont des collectors… Pour « delicatessen », j’en ai vu un neuf sur Amazon à 89€ et un d’occasion à 83€… Pour le premier album sorti chez Universal,  il est à 43€ sur Amazon. J’ai honte, je n’y suis  absolument pour rien. Bref, on les trouve maintenant sur notre site www.klezmernova.com  à 15€.  J’ai fait en sorte qu’on puisse les vendre en direct, mais il va falloir que j’en fasse presser à nouveau. Il n’y aura que là qu’on pourra les acheter pour l’instant. Je verrai pour  la vente numérique…Mais tu sais, pour moi, un album n’est pas une succession de morceaux. Ou plutôt si, mais il est construit justement de A à Z. Il y a un premier morceau et un dernier (même parfois s’il est caché..), et tu ne changes pas l’ordre comme cela….
Et la pochette aussi a son importance. Alors vendre un titre isolément, … oui pourquoi pas, mais ce n’est pas trop ma conception, suis un peu « has been » sur le coup, mais c’est pas grave, je l’assume…(rires).

Parle nous de ton dernier album, l’Entre-Deux ?
En 2005, je suis parti vivre à la Réunion. Ma femme y avait obtenu une mutation et je l’ai suivie, bien évidemment. En général, ce sont les femmes qui suivent les mutations de leur mari, là c’était l’inverse. (rires). Je rentrais beaucoup pour travailler en métropole, j’ai beaucoup pris l’avion. Sur place, à la Réunion, j’ai monté pas mal de projets musicaux dont un groupe klezmer,  une fanfare, Wonderbrass (là non plus je ne suis pas à l’origine du nom, j’avais demandé un vote  sur des noms différents proposés par les musiciens et…. la démocratie a décidé…).(rires). 
Avec cette fanfare, j’ai commencé à travailler sur les rythmiques réunionnaises. La musique réunionnaise est très particulière, avec des rythmes que nous, en métropole, utilisons peu, et surtout, les phrasés sont propres à cette musique et pas faciles à jouer pour nous.  Lorsque je suis rentré à Paris avec le projet de ce nouvel album, j’ai eu envie de commencer un travail entre klezmer et rythmiques inspirées de la Réunion.

C’est du Klezmer Réunionnais ?
Sûrement pas,  comme je te l’ai dit, j’ai horreur de la fusion. Qu’est ce que cela voudrait dire de nous faire jouer de la musique réunionnaise ? D’abord il faudrait le pouvoir, c’est une musique complexe, très riche, et ce n’est pas en deux trois répétitions que tu l’apprends. Je ne m’y risquerai certainement pas !  Par contre, j’ai fait une recherche, un travail sur les accents que l’on trouve dans la musique Réunionnaise, afin de m’en inspirer pour adapter cela à la clave Klezmer. On peut dire effectivement,  que ça n’existe pas dans le klezmer, c’est sûr.  Mais pour  moi ,  c’est aussi sûr et certain que c’est du klezmer ! (rires).

Tu as fait comme les anciens ?
Exactement, de la  même façon que les musiciens klezmer  se nourrissaient des musiques des pays où ils vivaient, à mon tour, je me suis inspiré des rythmes que j’ai pu entendre à la Réunion, rythmes passés à travers mon filtre, à moins que ce ne soit mon philtre dont la formule est celle du  rhum arrangé !. (rires).

Dans le disque, il y a des morceaux longs, d’autres beaucoup plus courts ?
En fait, quand on a fait notre premier concert avec ce répertoire, j’avais bien conscience que, pour le public,  tout était très nouveau aussi bien au niveau des mélodies que des rythmiques. Alors, pour ce premier concert, j’ai fait quelques arrangements sur des mélodies traditionnelles, mais qui duraient  disons, entre 30 secondes et une minute et étaient jouées seulement avec les soufflants et le violon, sans rythmique. Un peu comme des transitions qui permettent au public qui connaît cette musique de voir d’où on vient ! (rires).
Et dans le disque, non seulement j’ai eu envie de les intégrer, mais au contraire j’en ai rajouté presque entre tous les morceaux. Du coup, on a des interludes qui durent de 30 secondes à deux minutes et qui en général appellent le morceau suivant, même s’ils n’ont pour la plupart rien à voir, au contraire j’aime cette tension que cela crée parfois.

Où et comment avez-vous enregistré ?
Nous avons enregistré au studio de Meudon, très beau studio, super piano, belle ambiance, très agréable et surtout…grande et belle cuisine. J’avais préparé des confits, des conserves, fait des boulettes de viande aux herbes que j’avais  congelées. Et tous les matins, j’arrivais un peu plus tôt avec le repas du jour et  commençais à préparer. Pareil pour le mixage. Mine de rien, c’est très agréable pour un musicien lors d’un enregistrement,  de bien manger, sans avoir à se préoccuper des horaires. Et ça crée une bonne humeur. Pour répondre à ta question sur le comment, nous avons enregistré tous ensemble, en même temps ; pour des raisons de son et de puissance, la batterie, le trombone et  le violon étaient simplement isolés en cabine. Ça a été, je crois de bons moments pour chacun de nous. 

Et ce que tu as enregistré à la Réunion ?
Après, je suis parti à la Réunion avec les prises faites sur un disque dur  et j’ai enregistré là bas ce que j’avais à enregistrer. C’est Yann Costa, que j’ai connu juste avant de partir de la Réunion qui a enregistré ces parties à la Réunion.

Tu as mélangé Klezmer Nova avec des musiciens réunionnais ?
Non, pas du tout. Pas question de cela, Klezmer Nova, c’est Klezmer Nova. Par contre, j’avais rencontré à la Réunion un musicien réunionnais, Armand Clotagatide, qui est percussionniste, joue du didgeriddo, pratique le chant diphonique. En plus il écrit des textes en créole, des « fonker » comme ils disent à la Réunion. Et j’avais envie d’écrire quelques interludes avec lui.

Oui, c’est surprenant d’entendre du didgeridoo sur du Klezmer?
En fait on a fait une improvisation didgeridoo-sax puis de retour à Paris, j’ai enregistré l’interlude avec sax, trompette et trombone.

Et le chant diphonique ?
Ca, c’est un passage magique. Je savais où je voulais qu’il soit sur le disque, et l’enchaînement de tonalités était hyper important. Je voulais que sur le chant diphonique plane une mélodie magnifique, une chanson qui s’appelle « arbeter froyen », femmes travailleuses ! Les paroles sont un poème de D. Edelshtat, paroles qui parlent d’égalité, de liberté, de luttes…mais on ne les dit pas, ….  Il n’y a pas de chanteurs dans Klezmer Nova !
J’ai donc donné à Armand la note sur laquelle je voulais qu’il commence. Il a enregistré plusieurs types de chant diphonique, du grave, du medium, de l’aigu, dans l’ordre que je lui avais demandé ; Or, à un moment, la mélodie de cette chanson module et comme par magie, Armand a démarré sur cette note. Ce morceau est magnifique. Je pense que c’est la première fois que l’on a une mélodie Yiddish sur du chant diphonique. (rires).

Dans le premier morceau, on entend du Yiddish ?
J’ai toujours voulu que dans ces disques, il y ait quelque chose en rapport avec le Yiddish. Comment dire, comme pour ne pas oublier d’où vient cette musique, ne pas oublier ses racines. Dans le premier, Gabriel Garran avait écrit un très beau texte que j’avais fait traduire en Yiddish, et il était imprimé sur le livret avec l’alphabet  Yiddish. Dans « delicatessen » on chantait un chœur d’hommes une chanson « Bulbes », « les patates » et Guillaume et Yann faisaient un rap avec des paroles qu’ils avaient écrites sur une rythmique que j’avais composée, à chaque fois, ce ne sont que des clins d’oeuil, mais c’est là. 
Durant les 4 ans passés à la Réunion,  j’ai souvent été entre deux avions, deux continents, deux climats. J’ai passé beaucoup de temps dans les aéroports et j’ai eu le temps de penser à l’éloignement, à tous ceux qui vivent l’exil, à leur difficulté d’apprendre des mots et noms nouveaux, une nouvelle langue, d’entendre de nouvelles sonorités, de nouvelles musiques, à leur nécessaire obligation de s’adapter à un environnement jusqu’alors totalement inconnu.
J’ai pensé à toutes ces femmes et ces hommes, avec leurs enfants quittant tout, leur parents, leurs amis, partant avec rien dans l’espoir d’un monde meilleur. Alors, j’ai eu envie d’entendre des percus de la Réunion avec au loin cette voix Yiddish qui récite les paroles d’une chanson que j’aime énormément (elle est maintenant dans 3 de ces 4 albums…) (rires). Elle s’appelle « Oyfn pripetshik ». Le texte parle aux enfants,  de la nécessité d’apprendre l’alphabet, à la fin, il dit : «  lorsque vous serez  loin, écrasés par le fardeau de l’exil, il vous restera les mots ! ». Terrible, non ?  Et la mélodie, quelle mélodie ! Et bien, j’ai transformé le rythme de cette mélodie pour l’adapter aux percussions réunionnaises qui sont jouées. 

Et on le réentend à la fin ?
Oui, avec un couplet de plus, pendant qu’Armand dis un texte en créole qu’il a écrit. Et la boucle est bouclée… Bon mais l’essentiel du disque , ce ne sont pas les interludes !

Evidemment, mais on était parti sur ta conception d’un album, d’une suite de morceaux de A à Z ?
Ben oui, je n’ai pas changé ! (rires). Et c’est sans doute le plus abouti. 

Est-ce qu’il est arrivé qu’un musicien te dise, je n’ai pas envie de jouer ce morceau ?
Non, ça n’est jamais arrivé à ce que je me souvienne. Mais tu as raison, c’est une bonne question. Pour pallier cela, j’avais commencé à écrire quelques morceaux, ou en tout cas à mettre quelques idées en pensant à untel ou untel, et puis finalement, pour certains, je leur ai demandé : «  qu’auriez-vous envie, comme morceau  ? Quel style ? Rapide, ? Lent ? » par exemple, Olivier m’a demandé un 5/4. Ca n’existe pas dans cette musique (j’en avais d’ailleurs déjà fait un dans un précédent album, « finfele-firele »). Alors j’ai écrit « Quintessence » pour Olivier. Pour Yann, j’ai écrit « Bogalusa », entièrement basé sur une rythmique qui peut faire penser à la Nouvelle Orléans, en fait c’est toujours cette fameuse clave Klezmer (c’est moi qui l’appelle ainsi… !), mais jouée de façon assez rapide, ce n’est pas un tempo que l’on trouve dans le klezmer habituellement. Quand j’ai demandé à Claude ce qu’il souhaitait, il m’a dit « je ne veux rien , pas de morceau pour la basse ».

Tu blagues ?
Non, c’est la vérité. Mais je connais Claude depuis si longtemps, "ne jamais se mettre en avant". Je me souviens d'un arrangement que j'avais fait pour lui sur "Oyfn pripetshik". Il n'y avait pas de batterie ni de piano sur cet arrangement, et Claude faisait une longue improvisation ponctuée par les soufflants et le violon. Et d'abord pour servir la musique, mais aussi pour les yeux du public, j'avais demandé à Claude de venir au centre de l'orchestre, et nous, nous l'entourions...
Bref, comme j’ai dit qu’il n’ était pas question qu'il n'y ait pas un moment pour lui, il m’a dit qu’il aimerait que soit gravé un morceau qu’il avait écrit en mémoire de son père,  Yahakov et que nous jouions il y a une dizaine d’années avec Twibadik.

C’était un autre groupe ?
Oui, on avait formé un trio avec Claude et Philippe.  Ca s’appelait Twibadik, c’était un trio Klezmer jazz, sax, basse batterie. On ne jouait que des compositions de nous 3.  Ne me demande pas pourquoi ce nom, c’est une histoire à rallonge…(rires). On avait même fait un disque « si Syphélè m’était conté ». Bref, on jouait ce morceau, qui, du fait qu’il n’y avait pas d’instrument harmonique (ni piano, ni guitare) sonnait assez « sauvage » comme tous les morceaux d’ailleurs. Je lui ai dit que j’avais peur qu’un arrangement affadisse un peu ce morceau que l’on avait l’habitude de jouer en trio.
Mais en fait non, c’est super, et on a décidé de faire un solo à deux instruments en même temps, ténor et bugle. Pour revenir à ce que l’on disait, je n’aurai pas imposé de morceau à Claude, bien sûr, je lui aurait proposé quelque chose, mais tu ne peux pas imposer un morceau ou  un solo à quelqu’un s’il n’a pas envie. Il faut que cela lui plaise. J’ai toujours procédé comme cela avec Klezmer Nova

Et ce morceau sur les moustiques ?
Aedes cosmopolites ? C’est un long morceau (13 minutes) et le challenge, c’est qu’il est écrit sur un seul accord ! Un seul mode….Donc l’idée est de faire des parties pour chacun, enfin presque. Ca démarre par 3 duos de sax et clarinette basse, puis un ostinato (musique répétitive) avec un solo de violon déjanté, après enfin la rythmique rentre et il y a un solo de piano. La consigne pour Olivier était : « complètement déjanté » ! Débrouille toi avec cela ! (rires). Il y a aussi une partie pour Philippe à la batterie, j’adore, notamment quand il improvise uniquement avec les cymbales. Et la fin est complètement folle avec une rythmique endiablée, faite pour les cuivres qui jouent une danse à te faire tourner la tête.

Matthias, au trombone, c’est lui qui ouvre le disque ?
Oui, en quelque sorte, j’avais envie de faire pour lui, un morceau sur une rythmique un peu bizarre.  Un 6/8 mais avec un piano qui, parfois,  joue une pompe, ça donne par moment une drôle d’impression, un peu bancale. Et Matthias fait monter la sauce, de façon incroyable. Ce morceau s’appelle ladilafé (un ladilafé en créole réunionnais, c’est une rumeur, j’aime ce mot, il dit bien ce qu’il veut dire !). Donc la 1ère partie est un peu bizarre comme cela, et dans la 2ème partie, on part sur un freylekh endiablé, on pourrait penser que c’est du klezmer traditionnel, en fait ce tempo n’est jamais joué à cette vitesse dans le traditionnel. Et on joue la même mélodie que la première partie en 6/8, mais cette fois-ci en 4 temps. 

Et puis il y a ce morceau magnifique au violon, Takamaka songe ?
Oui, pour Micha, mais on en a déjà parlé. Vraiment, je suis très content de ce morceau, de ce qu’en a fait Micha, son interprétation, son improvisation, nous faisons une musique répétitive et il plane là-dessus, c’est hallucinant. Il se trouve au milieu du disque vers 40 minutes…

Oui, le disque fait 78’30….
Oui, techniquement, on ne peut aller au dessus, alors je me suis arrêté ! (rires).

Un de mes morceaux préférés, c’est « déferlantes ...»
Ça, ce n’est pas une commande d’Olivier. Je lui ai proposé ce morceau qui est construit comme un solo de piano du début à la fin, avec l’orchestre qui vient l’interrompre, le déranger. Et ça file…comme son nom l’indique. C’est une grille klezmer, un peu tordue…enfin disons pas habituelle. 

Mais il y a quand même quelques freylekh instrumentaux, qui font la marque « Klezmer Nova » ?
Oui bien sûr, il y en a même un sur une rythmique particulière, inspirée de ce que j’ai pu entendre à la Réunion. Mais une fois qu’on avait tout enregistré, j’avais même commencé le mixage, je me suis dit qu’il manquait un freylekh assez court, très entraînant. Comme je ne voulais pas prendre un traditionnel, alors j’ai écrit un morceau un peu tordu, j’aime bien cela et je l’ai appelé « Mishigene freylekh » ! c’est vrai qu’il est un peu fou. (rires).

La pochette est superbe...
Oui, je tenais à ce que l’ensemble soit un bel objet et ait un rapport avec la Réunion. C’est ce qu’a réalisé magnifiquement le graphiste, Adrien Roman.

Et les textes sont remplis d’humour…
D’humour mais aussi plein d’émotion ! En fait, je voulais demander à des écrivains, d’écrire des textes courts, en rapport avec les morceaux, suivant leur inspiration. Sous forme de proses, de poèmes, de contes, de scénettes, pourquoi pas. J’avais demandé à Martine Silber, dont j’adore l’écriture, (elle avait déjà écrit un texte pour Twibadik), je voulais demander à Garran, à d’autres écrivains et évidemment à une figure réunionnaise. Et je me suis tourné vers Lolita Monga qui dirige le théâtre du Grand Marché à St Denis de la Réunion. Comme Martine anime un blog de théâtre, les trois personnes qui ont écrit pour ce livret sont toutes les 3 liées au théâtre, va savoir pourquoi ? Sans doute, encore une histoire de filiation, de transmission…Je vous jure, monsieur le commissaire, je ne l’ai pas fait exprès ! (rires). Heureusement que je me suis arrêté à 3 personnes, je n’aurai pas pu mettre d’autres textes, le livret fait 32 pages, car je voulais aussi qu’il ait des photos. Il y a pas mal de photos de nous en train de jouer, de scènes de vie de répétitions…faites par Christophe Alary et Reine Roman..

Et il y a aussi des photos de la Réunion, du volcan…
Oui, la Réunion est fantastique, mais ma femme et moi, on peut dire  que nous sommes tombés amoureux du volcan, du piton de la Fournaise.

Tu parles de ta femme, là, et tu lui as dédié cet album…
Ben, premièrement, si j’ai connu la Réunion, c’est grâce à elle, donc on peut dire qu’il n’existerait pas sans cela, deuxièmement elle m’a fait aimer le soleil, je me sens bien à partir d’une température de 28-29 degrés et même bien au-delà (quand je pense que mes ancêtres sont nés en Pologne et ça ne remonte pas si loin… !) troisièmement et énièmement pour plein d’autres raisons encore ce disque lui est dédié, ne serait-ce que parce qu’il n’aurait pu exister sans son aide au jour le jour, sans notre décision commune quant à l’aspect financier (je n’ai pas demandé à mes enfants, mais c’est une partie de leur héritage….(rires)) et surtout parce qu’elle doit être remerciée de me supporter au jour le jour, particulièrement dans ces moments de compositions… ! (rires)..

Et maintenant, quels sont les projets pour Klezmer Nova ?
Je suis déjà, dans ma tête parti sur un autre projet, un autre thème. Je fonctionne vraiment comme cela, par thème....mais il faut que je me calme, il faut que je fasse la promotion de l’album et surtout, il nous faut jouer en concerts, bien que là, ce ne soit plus de mon "ressort" !. Klezmer Nova est un groupe de scène, c’est prodigieux ce qui se passe en concerts, devant le public. Les musiciens sont fantastiques, la musique est superbe, il ne reste plus qu’à la jouer, la jouer, la jouer.....
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Photo : C.Alary</description>
		
		<excerpt> Photo : C.Alary  Klezmer Nova a été créé le 25 juin 1995 sous le nom "Orient Express Moving Shnorers" à l’occasion d'une fête du Yiddish organisée à la...</excerpt>

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		<pubDate>Thu, 15 Dec 2011 11:39:38 +0000</pubDate>

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L’Entre-Deux (2012)&#60;img src="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2341485/Klezmer_Nova-Lentre-Deux.gif" width="560" height="250" width_o="560" height_o="250" src_o="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2341485/Klezmer_Nova-Lentre-Deux_o.gif" data-mid="12133509"  border="0" align="left"/&#62;
   
      
      
         
         
         
            
            
				
					
				
			
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			&#38;#9835; 07 Sisyphe 974 extrait.mp3
            
            
               
                  
               
            
         
         
         
            
            
         
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			&#38;#9835; 09 Quintessence extrait.mp3
            
            
               
                  
               
            
         
         
         
            
            
         
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			&#38;#9835; 10 Yoko Yoshke extrait.mp3
            
            
               
                  
               
            
         
         
         
            
            
         
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			&#38;#9835; 11 Bogalusa extrait.mp3
            
            
               
                  
               
            
         
         
         
            
            
         
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			&#38;#9835; 14 le songe Takamaka songe part 3 extrait.mp3
            
            
               
                  
               
            
         
         
         
            
            
         
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			&#38;#9835; 15 Entre deux voix extrait.mp3
            
            
               
                  
               
            
         
         
         
            
            
         
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			&#38;#9835; 16 Mishigene freylekh extrait.mp3
            
            
               
                  
               
            
         
         
         
            
            
         
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			&#38;#9835; 18 Déferlantes extrait.mp3
            
            
               
                  
               
            
         
         
         
            
            
         
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			&#38;#9835; 20 Klezmerun extrait.mp3
            
            
               
                  
               
            
         
         
         
            
            
         
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			&#38;#9835; 22 Yahakov extrait.mp3
            
            
               
                  
               
            
         
         
         
            
            
         
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			&#38;#9835; 25 Aedes schizopinax.mp3
            
            
               
                  
               
            
         
         
         
            
            
         
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			&#38;#9835; 27 Aedes tormentor extrait.mp3
            
            
               
                  
               
            
         
         
         
            
            
         
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Orient express moving shnorers (2001)&#60;img src="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2341485/Klezmer_Nova-OEMS.gif" width="560" height="250" width_o="560" height_o="250" src_o="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2341485/Klezmer_Nova-OEMS_o.gif" data-mid="12038858"  border="0" align="left"/&#62;
   
      
      
         
         
         
            
            
				
					
				
			
			&#38;#9835; 01 Effraye les freylekh.mp3
            
            
               
                  
               
            
         
         
         
            
            
         
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			&#38;#9835; 08 Khasene et autres PACS 1ère partie.mp3
            
            
               
                  
               
            
         
         
         
            
            
         
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			&#38;#9835; 11 Finfele-firele.mp3
            
            
               
                  
               
            
         
         
         
            
            
         
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TwibadiK - Si Syphélè m’était conté (2002)&#60;img src="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2341485/Twibadik.gif" width="560" height="250" width_o="560" height_o="250" src_o="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2341485/Twibadik_o.gif" data-mid="13144060"  border="0" align="left"/&#62;
   
      
      
         
         
         
            
            
				
					
				
			
			&#38;#9835; 04_Si Syphélè m'était conté_progression décroissante_extrait.mp3
            
            
               
                  
               
            
         
         
         
            
            
         
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			&#38;#9835; 07 Si Syphélè m'était conté_assurance du doute_extrait.mp3
            
            
               
                  
               
            
         
         
         
            
            
         
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			&#38;#9835; 14 Si Syphélè m'était conté_mouvement immobile_extrait.mp3
            
            
               
                  
               
            
         
         
         
            
            
         
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			&#38;#9835; 15 Si Syphélè m'était conté_quadrature du cercle_extrait.mp3
            
            
               
                  
               
            
         
         
         
            
            
         
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Delicatessen (2003) épuisé&#60;img src="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2341485/Klezmer_Nova-Delicatessen.gif" width="560" height="250" width_o="560" height_o="250" src_o="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2341485/Klezmer_Nova-Delicatessen_o.gif" data-mid="12038860"  border="0" align="left"/&#62;
   
      
      
         
         
         
            
            
				
					
				
			
			&#38;#9835; 01 Fresser Freylekh.mp3
            
            
               
                  
               
            
         
         
         
            
            
         
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			&#38;#9835; 05 Tsibeles.mp3
            
            
               
                  
               
            
         
         
         
            
            
         
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			&#38;#9835; 06 Latkes.mp3
            
            
               
                  
               
            
         
         
         
            
            
         
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			&#38;#9835; 08 Tsimes mazurka.mp3
            
            
               
                  
               
            
         
         
         
            
            
         
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		<excerpt> L’Entre-Deux (2012)  acheter l’album (15€)VENTE EN FRANCE METROPOLE SEULEMENT pour l'instant. Tous les envois en "lettre max" (suivi) ou colissimo.   Acheter...</excerpt>

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		<title>CONTACT</title>
				
		<link>http://www.klezmernova.com/CONTACT</link>

		<comments>http://www.klezmernova.com/following/klezmernova.com/CONTACT</comments>

		<pubDate>Mon, 21 Nov 2011 12:37:53 +0000</pubDate>

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		<description>Contactez-nous!

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		<title>PRESSE</title>
				
		<link>http://www.klezmernova.com/PRESSE</link>

		<comments>http://www.klezmernova.com/following/klezmernova.com/PRESSE</comments>

		<pubDate>Mon, 21 Nov 2011 12:37:52 +0000</pubDate>

		<dc:creator>klezmernova</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[]]></category>

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		<description>«Mail de John Zorn» "….enjoyed listening to the cd very much, great variety and imagination – 
obviously you have put a great deal of time and energy into this project, 
big congratulations on it - mazel tov - keep up the great work”
 John Zorn – Juillet 2012

Klezmer Nova remise en orbite
Portrait dans Jazz News - avril 2012  

«manifeste d’un Klezmer débridé....» "…manifeste d’un Klezmer débridé, inventif et virtuose, refusant de se priver de quelques fantaisies improbables."
Sélection CD - Le Monde – 27 mars 2012 


«Cet album est une vraie réussite esthétique et spirituelle» Romain Grosman 
Sélection JAZZ NEWS magazine – mars 2012
«Attention, évènement de ce début d'année !» On jubile de bout en bout. On suit la troupe virevoltante et émouvante  à la fois. Cet album est assurément l'un des plus brillants de ce début d'année»
Jean Marc Gélin – Les dernières nouvelles du jazz – 28 Février 2012 
«Survol d'un chef d'oeuvre» Ce groupe est l'un des plus représentatifs de la musique klezmer d'aujourd'hui sur la scène mondiale»
Journal de l'île de la Réunion – 19 février 2012
«une renaissance en forme de renouveau» ...le piano bondissant et obsédant d'Olivier Hutman y corsète des atmosphères de vieux polars....»
La Terrasse– Février 2012 
«Dans une déferlante de cuivres» ...le piano bondissant et obsédant d'Olivier Hutman y corsète des atmosphères de vieux polars....»
T T – Télérama – Février 2012 
«A découvrir de toute urgence»Monic Feld  –  Actualités juives – 26 janvier 2012 
«There are no better musicians on the Fringe than Klezmer Nova – in fact, you won’t se any better in Edinburgh this year.»
(★★★★★) Evening News, Wednesday, August 25, 2004
«Big, punchy, brillantly punctuated and wickedly mobile arrangements are propelled by a rhythm section aware that although klezmer music is often written in compound signatures, it’s essentially dance music……. For the less energetic, there’s no end of fascination, variety of moods and virtuosity. Not to be missed.»
(★★★★★) The Herald — Monday August 23, 2004
«Whichever way you look at it they are irrefutably one of the most stupendously exciting groups of musicians on the Fringe because so much of what they do is improvised.» … Darn that editor!
(★★★★★) Jan Fairley for The Scotsman — August 2004
«The eight-member ensemble gave such a polished performance of klezmer music that people found themselves clapping and tapping out the rhythm. Klezmer Nova expertly combines a traditionalising approach to klezmer with modern improvisational jazz with a sure touch».
Budapest Spring Festival — April 2004
«From the opening, intense wall-of-klezmer «Fresser Freylekh,» to the closing syncopated clapping that percusses «Transes», Klezmer Nova delivers an amazing, delicious meal of klezmer and jazz. Even the liner notes to this album are funny and fun and sparkle with life.»
Ari Davidow www.klezmershack.com — August 2003
«… Une musique légère, savoureuse et enivrante à base de clarinette, d’émotions exacerbées et de rythmes trépidants. A consommer sans modération.»
Courrier Cadres — Juillet 2003
«Le groupe Klezmer Nova renouvelle le genre: clarinette, violons tziganes, piano et batterie jazz se marient dans une vivifiante explosion de notes…»
Côté Femme — Juillet 2003
«Parmi les meilleures formations klezmer actuelles, ne trouve-t-on pas une formation parisienne, l’Orient Express Moving Shnorers, rebaptisée depuis peu Klezmer Nova?»
(★★★★) Le Monde De La Musique — Juin 2003
«Klezmer-jazz… Un beau mariage! Klezmer Nova est une preuve musicale que … ces deux styles différents peuvent très judicieusement se fondre en un seul, en s’apportant mutuellement du sang neuf, donnant ainsi un nouvel élan, un nouveau souffle à chacun d’eux…»
Actualite Juive — Juin 2003
«Dépoussiérant le genre, les huit «Klezmer» l’enrichissent des sonorités hébraïques, tziganes, bulgares, orientales…Un jazz décapant et terriblement joyeux, des concerts délicieusement étourdissants. Jubilatoire».
Paris Paname — Juin 2003
«C’est délicate-cène: musique et repas partagés. Delicate-scène car le groupe accumule les concerts et enthousiasme par son énergie débordante, sa vitalité fantasque, sa joyeuse liberté de ton. Le «Delicatessen» de Klezmer Nova ou comment transformer le destin ou festin».
www.biblionline.com — Juin 2003
«Dans cet opus, Delicatessen, ils ne se contentent pas de conserver pieusement ce patrimoine, ils le renouvellent avec amour, humour et talent. Grâce à d’audacieux mélanges d’influences, allant des rythmes balkaniques à des improvisations free-jazz, et à une grande virtuosité… Splendide!»
Marianne — Mai 2003
«Ancien Orient Express Moving Shnorers, les huit musiciens qui symbolisent cette nouvelle manière de jouer la musique klezmer, décoiffent la tradition avec leur dernier (exaltant) album Delicatessen, teinté jazz.»
Liberation — Mai 2003
«Avec distinction et passion, Klezmer Nova combine le legs musical juif d’Europe centrale (klezmer) et des éléments jazz, tziganes, balkaniques.»
L’humanite Heddo — Mai 2003
«Un savoureux mélange de jazz et de klezmer.»
Paris Capitale — Mai 2003
«…Bref, rester insensible à l’appel au corps et à l’incitation à la joie que constitue la musique de Klezmer Nova constitue un exploit physique dont chacun est libre de se dispenser pour mieux savourer les petites merveilles que recèle Delicatessen.»
Amazon.fr — Mai 2003
«Une musique qui ne cherche pas à s’attacher un public communautaire mais à répondre avec ses racines à la curiosité d’une audience mélomane.»
L’arche — Mai 2003
«Les amateurs de klezmer, héritage séculaire des musiques de danse des juifs d’Europe centrale, connaissaient l’ORIENT EXPRESS MOVING SHNORERS, le meilleur groupe français. Il vient de changer de nom et s’appelle désormais KLEZMER NOVA, à l’image du titre de son dernier album. Nova comme nouveau, quand le klezmer se nourrit du jazz et fait swinguer la clarinette.»
Le Parisien — Juin 2002
«…Une mélodie de l’exil de la minorité, de la marginalité, à la fois enthousiaste et gaie, profonde et mélancolique.»
Tribune Juive — Juillet 2002
«C’est une bande de musiciens qui prennent un malin plaisir à surfer à travers les époques. Vifs, virtuoses et drôles, ils s’intéressent autant au répertoire yiddish du début du siècle qu’aux digressions effrontées des groupes klezmer ayant participé au renouveau du genre à partir des années 1970.» Le Monde — Juin 2001
«Musique d’aujourd’hui? Oh que oui! Diverse, jouisseuse, savante, émotive, une musique à vivre.»
Le Figaro — Février 2001
«Echo de l’indicible, signe tangible du passé, le yiddish, une langue indestructible, qui rit, qui pleure, qui nous enchante. Une orchestration éblouissante.»
Actualites Juives — Février 2001
«Leur mixture est éminemment festive, intelligente, emballante. Ce deuxième album le confirme amplement.»
Vibrations — Février 2001
«Bonne humeur et créativité marquent tout le concert…On est face à des musiciens qui, à partir d’une source inépuisable de rythmes et de mélodies cherchent un son, une musicalité, qui, bien que souvent proche du jazz, clame sa différence et son ouverture…Et s’ils ont refusé une autre facilité, celle des mélodies déchirantes qui font passer du rire aux larmes, ce qui reste tout simplement, c’est un très beau concert.»
Le Monde — Janvier 2001
«Ils sont les seuls à jouer cette note là, la «blue note», mais d’un bleu à la Chagall. C’est le meilleur groupe français de klezmer. L’Orient Express Moving Shnorers n’est pas un musée, mais un groupe épatant qui joue une musique furieusement d’aujourd’hui.»
Le Parisien — Janvier 2001
«Dans leur musique tournoyante souvent colorée d’un indicible blues, on retrouve bien sûr le son klezmer. Mais les Orient Express Moving Shnorers font table rase de tout folklore. Le gang se montre une nouvelle fois, exubérant, imaginatif. En un mot, emballant.»
L’express — Janvier 2001</description>
		
		<excerpt>«Mail de John Zorn» "….enjoyed listening to the cd very much, great variety and imagination –  obviously you have put a great deal of time and energy into...</excerpt>

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		<title>PHOTOS</title>
				
		<link>http://www.klezmernova.com/PHOTOS</link>

		<comments>http://www.klezmernova.com/following/klezmernova.com/PHOTOS</comments>

		<pubDate>Mon, 21 Nov 2011 12:37:51 +0000</pubDate>

		<dc:creator>klezmernova</dc:creator>
		
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Concert à l’Européen (2011)

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&#60;img src="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2340374/KlezmerNova Europen 400x460 72 dpi.jpg" width="400" height="464" width_o="400" height_o="464" src_o="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2340374/KlezmerNova Europen 400x460 72 dpi_o.jpg" data-mid="12805672"  border="0" align="left"/&#62;&#60;img src="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2340374/IMG_3066R.jpg" width="560" height="339" width_o="560" height_o="339" src_o="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2340374/IMG_3066R_o.jpg" data-mid="12677826" caption=" Photo: R. Roman" border="0" align="left"/&#62;&#60;img src="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2340374/IMG_3074R.jpg" width="560" height="636" width_o="560" height_o="636" src_o="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2340374/IMG_3074R_o.jpg" data-mid="12677827" caption=" Photo: R. Roman" border="0" align="left"/&#62;&#60;img src="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2340374/IMG_3087R.jpg" width="560" height="351" width_o="560" height_o="351" src_o="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2340374/IMG_3087R_o.jpg" data-mid="12677828" caption=" Photo: R. Roman" border="0" align="left"/&#62;&#60;img src="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2340374/IMG_3097R.jpg" width="560" height="767" width_o="560" height_o="767" src_o="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2340374/IMG_3097R_o.jpg" data-mid="12677829" caption=" Photo: R. Roman" border="0" align="left"/&#62;&#60;img src="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2340374/KN-Pierre-ThomasR.jpg" width="560" height="392" width_o="560" height_o="392" src_o="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2340374/KN-Pierre-ThomasR_o.jpg" data-mid="12677830" caption=" Photo: R. Roman" border="0" align="left"/&#62;&#60;img src="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2340374/Matthias-MAHLER-comprR.jpg" width="560" height="372" width_o="560" height_o="372" src_o="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2340374/Matthias-MAHLER-comprR_o.jpg" data-mid="12677831" caption=" Photo: R. Roman" border="0" align="left"/&#62;&#60;img src="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2340374/Olivier-HUTMAN-compr.jpg" width="560" height="372" width_o="560" height_o="372" src_o="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2340374/Olivier-HUTMAN-compr_o.jpg" data-mid="12677832" caption=" Photo: R. Roman" border="0" align="left"/&#62;

&#60;img src="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2340374/KlezmerNovadehautdpi.jpg" width="560" height="560" width_o="560" height_o="560" src_o="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2340374/KlezmerNovadehautdpi_o.jpg" data-mid="12817868"  border="0" align="left"/&#62;
Photo: C. Alary&#60;img src="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2340374/KlezmerNova_lampe1_CA_BD.jpg" width="560" height="373" width_o="560" height_o="373" src_o="http://payload2.cargocollective.com/1/5/172370/2340374/KlezmerNova_lampe1_CA_BD_o.jpg" data-mid="13116411" caption=" Photo: C. Alary" border="0" align="left"/&#62;</description>
		
		<excerpt>   Concert à l’Européen (2011)       Photo: C. Alary</excerpt>

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		<title>VIDÉOS</title>
				
		<link>http://www.klezmernova.com/VIDEOS</link>

		<comments>http://www.klezmernova.com/following/klezmernova.com/VIDEOS</comments>

		<pubDate>Mon, 21 Nov 2011 12:37:50 +0000</pubDate>

		<dc:creator>klezmernova</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[]]></category>

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		<description>
extraits du concert 1 avril 2012 à l'Européen



extraits du concert 25 janvier 2011 à l'Européen



Extraits de concerts de Klezmer Nova à l'Européen en janvier 2011 et de l'enregistrement de l'album "l'Entre-Deux".


Di mashke-Shmaltz hering. Filmé pour la TV Islandaise lors de la tournée de Klezmer Nova en Islande en mai 2004 (part1).


Effraye les freylekh. Filmé pour la TV Islandaise lors de la tournée de Klezmer Nova en Islande en mai 2004 (part 2).


Prashinklekh-di mashke. Filmé pour la TV Islandaise lors de la tournée de Klezmer Nova en Islande en mai 2004 (part 3).


Transes. Filmé pour la TV Islandaise lors de la tournée de Klezmer Nova en Islande en mai 2004 (part 4).


Klezmer Nova en 2001. Clip tourné par Universal à l'occasion de la sortie de l'album "klezmernova". Extraits de concerts à l'Européen en 2001.</description>
		
		<excerpt> extraits du concert 1 avril 2012 à l'Européen    extraits du concert 25 janvier 2011 à l'Européen    Extraits de concerts de Klezmer Nova à l'Européen en...</excerpt>

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		<title>CONCERTS</title>
				
		<link>http://www.klezmernova.com/CONCERTS</link>

		<comments>http://www.klezmernova.com/following/klezmernova.com/CONCERTS</comments>

		<pubDate>Mon, 21 Nov 2011 11:22:49 +0000</pubDate>

		<dc:creator>klezmernova</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[]]></category>

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		<description>vendredi 21 juin 2013, 21h
"Klezmer Nova en concert au Memorial de la SHOAH
17 rue Geoffroy L'Asnier, 75004 Paris.

mercredi 12 juin 2013, 21h
"Klezmer Nova invite la Fanfare KIF"
Klezmer Nova fait son cirque et invite la Fanfare Klezmer d'Île de France, Fanfare KIF au Cirque Electrique, Porte des Lilas, Paris.

vendredi 24 mai 2013, 21h
"Klezmer Nova en concert au Pôle Culturel, Alfortville"
parvis des Arts  26 Rue Joseph Franceschi, 94140 Alfortville
01 43 75 10 01

mardi 21 mai 2013, 21h
"Klezmer Nova invite Didier Malherbe"
Klezmer Nova fait son cirque et invite Didier Malherbe au duduk, sax soprano et flûtes au Cirque Electrique, Porte des Lilas, Paris.

17 avril 2013, 21h
"Klezmer Nova invite Roland Romanelli"
Klezmer Nova fait son cirque et invite Roland Romanelli à l'accordéon au Cirque Electrique, Porte des Lilas, Paris.

13 Février 2013, 21h
"Klezmer Nova invite Nguyên Lê"
"Klezmer Nova fait son cirque" au Cirque Electrique.
Ce mois ci, ils invitent Nguyên Lê, ce musicien reconnaissable par sa guitare unique, son style inimitable, ses inspirations alliant rock, jazz, airs traditionnels du Vietnam et tubes de Led Zeppelin.
Pour lui, la terre devenant de plus en plus ronde, la musique invite les cultures à se mêler et à s’imprégner les unes les autres".
Cette rencontre au Cirque Electrique en témoignera.
Cirque Electrique, Porte des Lilas au dessus du Périphérique, place du maquis du Vercors.

16 janvier 2013, 20h30
cirque electrique
+d’infos
"Klezmer Nova fait son cirque" au Cirque électrique, porte des lilas, au dessus du périphérique, place du Maquis du Vercors
Un mercredi par mois, Klezmer Nova sera en concert avec un invité au Cirque Electrique

15 décembre 2012, 21h
 L'Entrepôt, Paris
+d’infos
7 rue Francis de Pressensé, 75014 Paris, M° Pernety

8 septembre 2012
 Réunion - Ferme Lou Cachet
+d’infos
Ferme Lou Cachet, La rivière St Louis, sur la route de Cilaos en sortant de la Rivière St Louis

13 septembre 2012
 Le Palaxa-St Denis de la Réunion
+d’infos
....

14 septembre 2012
 Le Kervegen - St Pierre Réunion
+d’infos
....

15 septembre 2012
 Le K - St Leu Réunion
+d’infos
....

20/06/2012
Hôpital des XV-XX
+d’infos
20h —28 rue de Charenton 75011 Paris

18-19 juin /2012 à 20h et 22h
Duc des Lombards
+d’infos
20h et 22h, 2 concerts différents, 42 rue des Lombards, 75001 Paris, Métro Chatelet

27/04/2012
théâtre de Fourmies
+d’infos
20h30 —Théâtre Jean Ferrat, av. Emile Zola, 59610 Fourmies</description>
		
		<excerpt>vendredi 21 juin 2013, 21h "Klezmer Nova en concert au Memorial de la SHOAH 17 rue Geoffroy L'Asnier, 75004 Paris.  mercredi 12 juin 2013, 21h "Klezmer Nova invite...</excerpt>

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		<title>ACTUALITÉS</title>
				
		<link>http://www.klezmernova.com/ACTUALITES</link>

		<comments>http://www.klezmernova.com/following/klezmernova.com/ACTUALITES</comments>

		<pubDate>Mon, 21 Nov 2011 11:06:30 +0000</pubDate>

		<dc:creator>klezmernova</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[]]></category>

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		<description>vendredi 21 juin 2013, 21h
"Klezmer Nova en concert au Memorial de la SHOAH
17 rue Geoffroy L'Asnier, 75004 Paris.

mercredi 12 juin 2013, 21h
"Klezmer Nova invite la Fanfare KIF"
Klezmer Nova fait son cirque et invite la Fanfare Klezmer d'Île de France, Fanfare KIF au Cirque Electrique, Porte des Lilas, Paris.

vendredi 24 mai 2013, 21h
"Klezmer Nova en concert au Pôle Culturel, Alfortville"
parvis des Arts  26 Rue Joseph Franceschi, 94140 Alfortville
01 43 75 10 01

mardi 21 mai 2013, 21h
"Klezmer Nova invite Didier Malherbe"
Klezmer Nova fait son cirque et invite Didier Malherbe au duduk, sax soprano et flûtes au Cirque Electrique, Porte des Lilas, Paris.

17 avril 2013, 21h
"Klezmer Nova invite Roland Romanelli"
Klezmer Nova fait son cirque et invite Roland Romanelli à l'accordéon au Cirque Electrique, Porte des Lilas, Paris.

13 Février 2013, 21h
"Klezmer Nova invite Nguyên Lê"
Klezmer Nova fait son cirque et invite Nguyên Lê au Cirque Electrique, Porte des Lilas, Paris.

promo albums
5 albums "l'Entre-deux" 60€
pour vos cadeaux  : anniversaires,  fêtes de fin d'année, Nouvel an chinois, Pâques....

16 Janvier 2013
"Klezmer Nova fait son cirque"
un mercredi par mois, Klezmer Nova sera en concert au Cirque Electrique, Porte des Lilas, Paris
samedi 15 décembre 2012
L'entrepôt, Paris
concert avec Klezmer Kaos
7 au 16 septembre 2012
Tournée à la Réunion
4 concerts + master-class, ateliers
«Mail de John Zorn» "….enjoyed listening to the cd very much, great variety and imagination – 
obviously you have put a great deal of time and energy into this project, 
big congratulations on it - mazel tov - keep up the great work”
 John Zorn – Juillet 2012

TSF 18 juin - 20H
Concert du Duc des Lombards retransmis en direct   
18-19 juin /2012 à 20h et 22h
Duc des Lombards
+d’infos
20h et 22h, 2 concerts différents, 42 rue des Lombards, 75001 Paris, Métro Chatelet
27 avril 2012 à 20h30
Concert à Fourmies (59)
+d’infos
Théâtre Jean Ferrat, av Emile Zola 59610 Fourmies
Klezmer Nova remise en orbite
Portrait dans Jazz News - avril 2012  
une renaissance en forme de renouveau
 La terrasse - Mars 2012  
«Cet album est une vraie réussite esthétique et spirituelle» Romain Grosman 
Sélection JAZZ NEWS magazine – mars 2012
Emission Jazzpirin Judaïques FM
Lundi 19 mars, 22h  
Emission Ot Azoï RCJ
Jeudi 8 mars, 14h 
Emission unzer magazine Judaïques FM
Mardi 28 février, 22h, présentée par Ariel Sion  
Sortie du nouvel album de Klezmer Nova
«l’Entre-Deux» sortie nationale le 30 janvier 2012. 
Nouvelles dates de concert
à l’Européen,  Marcy l’Etoile (69) et Fourmies (59)
Toutes les infos disponibles ici 
Lancement du site www.klezmernova.com
Le groupe a enfin son site officiel! </description>
		
		<excerpt>vendredi 21 juin 2013, 21h "Klezmer Nova en concert au Memorial de la SHOAH 17 rue Geoffroy L'Asnier, 75004 Paris.  mercredi 12 juin 2013, 21h "Klezmer Nova invite...</excerpt>

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